Home sweet home

Les samedis, pendant mes dernières années de lycée, je faisais les magasins de musique disco à la recherche de disques de Mötley Crüe. Dans une boutique du quartier Galerías j’ai trouvé un  vinyl, Dr. Feelgood, son  album le plus récent. J’ai parcouru les rues du centre de la dix-neuf jusqu’à la vingt-quatre, et j’ai trouvé Girls, girls, girls, en vinyl aussi ; Too fast for love et Shout at the devil en CD, et pour répondre à une demande, après deux ans de recherche, ici et à l’étranger, Theater of pain en cassette.

À peine l’ai-je eu entre les mains que je l’ai mise dans walkman. La cinquième chanson du côté A était ma favorite : Home sweet home. Le vendeur m’a vu si heureux qu’il m’a offert les affiches du CD. Mon père les a vues sur les murs de ma chambre. Il a regardé les vinyls. Les CD. Il n’a pas compris le maquillage glam. Il n’a pas aimé que je dépense mon argent du goûter à acheter des disques, comme si l’absence de musique ne laissait pas plus de vide que la faim.  Il a tout cassé, même la carte du magasin Galerías. J’ai passé tous les samedis de mon année de baccalauréat à laver les murs de SON  appartement et à écouter la seule cassette survivante. J’ai appris que Home sweet home est une chanson d’adieu.

 

 

Traduit de l’espagnol (Colombie) par Rémy Durand

© Rémy Durand pour la traduction


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