Pour que la maison survive

La maison est près d’un  lac, asséché autrefois

et d’un arrêt où les bus ne s’arrêtent plus

Là se trouve une voie ferrée

où jamais nous n’avons vu passer le train

 

Nous sommes nés dans des hôpitaux qui n’existent plus

Nous avons perdu les rues quand elles ont changé leur nom 

Nous n’avons pas reconnu le lycée quand il a changé de propriétaires

 

C’est difficile de retrouver avec précision la maison des premiers amis 

De se rappeler comment était l’ancienne façade de l’église

ou la balançoire suspendue à un arbre

avant que la tentation d’édifices  

ne lapide l’enfance du quartier

 

Un ami que je ne vois plus

disait que la maison d’un homme

doit être près de tout ce qui l’habite

Notre maison

celle avec à la fenêtre le panneau d’un agence immobilière

la démolition la menace

ce poème lui survit

et elle vit encore

de tout ce que nous avons perdu.

 

 

Traduit de l’espagnol (Colombie) par Rémy Durand

© Rémy Durand pour la traduction


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